Allez c’est parti, je vous raconte le Chiapas !
Vendredi :
Le Chiapas, c’est loin. Alors on y est allé en avion : 2 petites heures de vol (c’est rapide l’avion) et nous voilà à Tuxtla, capitale de l’état du Chiapas, cité absolument dénuée de tout intérêt particulier. On la quitte donc aussitôt arrivé en faveur de Chiapa de Corzo, une charmante petite ville, mignonne, paisible et tout et tout. C’est le point d’accès au canyon du Sumidero, que l’on compte aller voir le lendemain. Après avoir fait un petit tour (très agréable et déjà révélateur de l’autre Mexique que nous allions découvrir durant notre séjour) dans les petites rues du centre, on dinne sur le zocalo avant de passer une soirée tranquille à la bière sous la sorte de kiosque au centre de la place.
Samedi :
Canyon. Les bateaux (oui il y a un fleuve au fond, ce qui s’avère être très pratique) sont prévus pour un minimum de 10 personnes et ne partent qu’une fois pleins. Nous on est 3 (Guillaume, ben et moi), il nous faut donc attendre un moment des renforts avant de pouvoir embarquer et engager la promenade de 2 bonnes heures qui nous révèlera les 40 kms de long du canyon. Ce canyon a une valeur historique ajoutée à sa beauté naturelle puisque les indiens locaux, à l’arrivée des espagnols durant la Conquista, préférèrent s’y sucider plutôt que de se rendre. Les parois montent parfois jusqu’à 500 m au dessus de l’eau, c’est impressionnant. D’autant plus que le tout est très vert, ça ne fait pas du tout désolé, la végétation y est saine et puissante ! Au cours du trajet on aura l’occasion d’admirer diverses raretés que Mère Nature a planté là : une cascade en forme de sapin de Noël (va savoir pourquoi de Noël d’ailleurs), une grotte bizarre avec des taches roses et des crocodiles qui faisaient la sieste au bord de l’eau.
Tout ça finit en début d’après midi, on déjeune et on file à Comitán, la “ville” la plus proche du Parc de Montebello : une réserve naturelle truffée de lacs tous de couleurs différentes, objectif du lendemain. C’est l’occasion de découvrir les transports façon Chiapas : ici il n’y a pas de bus, selement des combis (mini-bus). Le principe est simple, tu te pointes, tu colles tes bagages sur le toit, tu attends d’autres voyageurs jusqu’à ce que le combi soient plein, et c’est parti ! Y’a pas d’horaires, on ne part pas sans clients. Mais le fun c’est que les gens peuvent descendre à n’importe quel moment du trajet, dans n’importe quel bled paumé sur la route, on peut même demander une pause pour aller aux toilettes ou acheter à manger. Et si ça peut se vider à tout instant, malheureusement ça se remplit aussi sans cesse, ce qui fait qu’on est vite beaucoup, voire trop, entassés dans un p’tit combi tout pourri.
Arrivés à Comitán, c’est le drame ! En centre ville ils n’ont jamais dû voir un blanc de leur vie, et en tout cas surement pas un blond : Tout le monde nous dévisage, ambiance vraiment très très très (oui j’insiste mais vraiment) lourde. Les gens s’arrêtent, se retournent et nous suivent des yeux à notre passage, ça fait “drôle” mais pas marrant. Enfin, on y survit, on se restaure et on dors, c’est le principal.
Dimanche :
Il fait très moche, il va pleuvoir d’ici pas longtemps. On prend un autre combi pour les lacs, ça y est il pleut quand on arrive. Le parc est immense et y’a plein de lacs. D’où nous a laissé le combi, on peut déjà en voir 3 : un marron, un bleu sombre et un turquoise, ça fait de l’effet. En plus la pluie n’est pas très forte, et si le ciel est vraiment triste en revanche les arbres y gagnent en éclat, on a pas tout perdu. Après une ‘tite marche dans les bois on finit par tomber sur une place et sur un type qui nous propose, moyennant 350 pesos, de nous emmener en pick up de lac en lac, et ainsi tout boucler en 2 bonnes heures. On y va pour 300. On se ballade donc rapido de lacs en lacs, tous plus chouettes les uns que les autres, malgré qu’au final je les ai tous trouvés environ bleu. Malheureusement les photos sont un pâle reflet de ce qu’on a vu, mais croyez-moi c’était superbe. Tout ça nous mène jusqu’à la frontière avec le Guatemala, où le dernier lac de la liste est à cheval entre les 2 pays. C’est le summum de la misère qu’on ai vu jusqu’ici, les routes sont des chemins et les maisons des cabannes, le tout est perdu au beau milieu d’une végétation incroyable qui semble avoir le dessus et la bonté de laisser coexister ces pauvres petits humains tout sales et tout maigres. Et le pire c’est qu’on toruve ça beau.
D’ici le chauffeur, avec qui on a eu le temps de sympatiser, nous propose de pousser encore plus loin, dans la jungle ! Ce sur quoi on a évidement accepté, déjà pleinement conquis par la magie de cette nature sauvage. S’en suit une heure et demie de trajet sur une route qui parait la seule preuve de l’existence humaine à des centaines de kilomètres à travers des immensités de forêts d’une densité incroyable. Notre point d’arrivée, avant de rebrousser chemin, est “las nubes” (les nuages, rien que ça), c’est un p’tit coin de nature pépère ou passe un fleuve bleu clair comme pas possible. Une fois là-bas, on fait un tour à pieds d’une bonne heure dans la jungle, en remontant le fleuve, ça dépayse ! Il ne manque au tableau que d’apercevoir des singes sauter de branches en branches et des jaguars ou même des toucans, mais malheureusement au milieu de l’après midi les animaux sont plus enfoncés encore et on ne verra rien que de la flore et un gros serpent.
Ensuite on rentre à Comitán d’où on prend le combi pour San Cristóbal, une ville où il y a juste de la ville pour changer, mais de la bien.
Lundi :
Bon ben la ville même quand c’est bien, c’est pas plus impressionant que ça quand on revient de la jungle. J’ai un peu la flemme de raconter, tout était très chouette mais rien de bien spécial.
Mardi :
Les ruines mayas de Palenque, on y va toujours en combi, l’entrée sur le “territoire” est payant pour tous les “non-mayas” et ensuite l’accès à la zone “archéologique” aussi, mais ça vaut vraiment le détour ! Si il n’y a pas beaucoup à apprendre sur le site, duquel on se sait pas grand chose puisqu’il a été découvert assez abimé il y a relativement peu de temps, perdu au milieu de la jungle, au moins il y a à voir : des monuments immenses entourés d’une végétation impénétrable. Pas beaucoup de détail mais du gros bien efficace.
Voilà, ensuite retour à la civilisation, et à l’école où les exams nous attendent..
Le Chiapas aura vraiment été une destination fantastique, et en plus de ça cet état à remporté les quelques records que voici :
- l’hotel le moins cher : 40 pesos
- l’heure d’internet la moins chère : 5 pesos
- les tacos les moins chers : 1.50 pesos
- les 4 piles les plus chères : 60 pesos
- le véhicule le plus plein à craquer : 16 personnes pour 11 places