Vendredi.
Le prof que j'ai normalement de 15h30 à 17h30 avait prévenu qu'il ne serait pas là, cette fois-ci je termine ma journée de cours à midi et demie, ce qui allonge encore d'une demie journée le week end qui est déjà de trois jours : lundi férié. Profitant de tout ce temps, on se décide pour Acapulco, destination classique lors de "ponts", ça promet d'être blindé..
Rendez-vous à côté de l'école à 2h, mon pote Luis est encore une fois de la fête, toujours en voiture. Il arrive vers 2h et demie (et oui, c'est un mexicain), on est 6 français avec lui, à 7 on tient sans effort, un coup d'oeil à la carte et c'est parti !
On ne prend pas "l'autoroute" supposant que c'est trop cher, qu'on ne perdra pas beaucoup de temps et qu'on est pas pressé. Sur la carte, les deux routes sont à peu près semblables, mais la majeure différence, outre la qualité de la route et le nombre de voies, réside dans la façon d'aborder les montagnes : tunnel pour l'autoroute et escalade dans des lacets interminables pour la nationale.. Et malheureusement : Il n'y a que de la montagne ! Des montagnes, à perte de vue, de Toluca jusqu'à Acapulco. On est pas près d'arriver ! D'autant plus qu'on est forcé de s'arreter une bonne demie heure quand ça sent vraiment trop le brulé et qu'on peut voir les freins fumer depuis l'intérieur de la voiture ! Mais suite à ce petit incident le trajet se passe sans encombre, à son petit rythme, à travers des immensités à peine imaginables..
Vers 9h, il fait déjà nuit quand Acapulco se profile à l'horizon, et à 10h et demie on est garé dans le parking de l'hotel trouvé par la deuxième moitié de la clique qui était partie jeudi soir. A table ! La vie est chère à Acapulco, mais ça reste au Mexique et on trouve à dinner pour une pincée d'euros sans trop de peine. La soirée peut alors commencer, idée de départ : bar tranquilou, mais après 200m le long de la plage on finit en open bar dans une boite à deux étage avec piscine, saut à l'élastique et tout le bazard.
Samedi.
Réveil plus ou moins difficile selon l'heure de retour, rentré à 2h et demie, je suis le premier levé, douché, prêt. Une fois mon pote Luis d'attaque à son tour, on se décide à chercher un hotel moins cher quitte à sacrifier un peu de confort, la piscine par exemple. Pendant ce temps là, les autres sont justement en train d'en profiter..
Après une bonne heure à déambuler dans les parages, le désespoir s'installe, tout est complet. On avale un bon p'tit déj' pour se mettre les idées au clair avant l'ultime tentative, une auberge de jeunesse en face de la plage qu'on avait repéré la veille. Et là, c'est le miracle : dispo ! Il y a de la place pour tout le monde, pleins de douche, le petit déj' le matin, et c'est moins cher, parfait.
Une fois les affaires transférées la journée "vacances" peut enfin commencer. On va en voiture à une super plage un peu plus éloignée, d'où on prend un bateau (oui, un bateau, enfin une barquette, quelle horreur !) à fond transparent qui nous conduit jusqu'à une petite île tout en nous faisant tout un speach touristique sur la plage, notemment à qui appartiennent les immenses villas, la faune locale (il y a un super plongeur qui descend nous récuper ou montrer tout un tas de trucs), etc. On a même vu la vierge ! La 'tite vierge d'Acapulco, planté sur un cailloux au milieu de l'océan, avec sa copie conforme (fallait pas déplacer l'originale quand même) qu'ils ont fait bénir par Jean Paul 2 avant de la "balancer" à la flotte juste à côté de la grande soeur. Enfin, bref, très divertissant.
Mais on est quand même content de retrouver la Terre ferme. Une fois sur l'île : bière et plage, bien sympatique. Mais arrive l'heure du déjeuner et l'on repart : escale dans le vieux Acapulco, avant de repartir vers un autre coin de paradis.. Le vieux Acapulco n'a pas grand chose de sensas' à part la vue, bornée d'un côté par l'océan et de l'autre par les montagnes. Ici on se croirait dans une ville "normale" du Mexique. Le zocalo est tout petit mais tout charmant, très vert. C'est toujours un ravissement de découvrir de petites jungles au beau milieu de la ville.. On mange très bien (voire trop) pour très pas cher dans un joli p'tit resto, et le bide lourdement lesté on se remet en route pour une plage encore plus éloignée, quelques kms en dehors d'Acapulco.
Après un bon petit trajet sur une route aussi misérable que la dernière vieille route du Cantal (bon j'exagère un brin, mais une route pourrie quoi, comme toujours d'accord mais à Acapulco, quand même !), on finit par prendre un chemin sur la gauche et 200m plus loin nous voilà sur la plage, déserte, ou presque. Cool ! Il y a des restos tout le long, avec des tables et des transats à l'ombre, ensuite une large plage et puis après ben l'océan. Peu de monde, genre 100 personnes grand max sur 4kms de plage. Des types proposent des ballades à cheval et du canabis, des vielles femmes vendent des colliers, ça reste quand même touristique ;-)
Les vagues sont très fortes, ce qui explique probablement le peu de monde, je ne m'y risque pas et les autres se fatiguent vite, même pas une heure après on est échoué dans des hamacs (d'un resto où ceux qui voulaient se doucher ont dû consommer) à attendre que le soleil se couche : l'extase. Malheureusement le ciel s'est un peu couvert, gâchant le spectacle et l'on n'a droit qu'à de belles lumières rouges, c'est tout. Mais le hamac valait bien l'attente, et il nous faut encore un bon moment avant de réussir à s'en extraire.
Retour dans le centre, dinner, marché (oui, bien sûr qu'il y a un marché) vite fait et abandon des autres qui vont dans une super boîte qui coute les yeux de la tête (pour rester poli) : Luis et moi rentrons à l'hotel, il est presque minuit, au lit.
Dimanche.
Couchés tôt, levés tôt. P'tit déj européen vite avalé et hop hop hop à la plage où l'on passe la matinée, rejoints petit à petit par les autres.
On s'en va la peau à peine cuite (ciel un peu couvert) et le ventre bien vide, à table. Déjeuner, pas de bol, dans un resto spécialisé poisson et fruits de mer qui valait quand même bien le détour : c'est grand, ouvert sur la rue sur toute la longueur, il y a un vieux jukebox qui hurle de la musique qui sonne beaucoup plus jeune que lui (au grand dol des autres qui ont les oreilles en miettes de la boîte de la veille), et au fond il y a un type derrière un étalage de poisson tout à fait du genre du poissonier dans Astérix mais à la mexicaine, avec un gros couteau, qui peux vous préparer n'importe quoi sur simple désignation. Pour moi ce sera une bière merci.
Ceci fait, on échoue sur une plage, où l'on peut louer des jetskis ! 300 pesos la demie heure, négociée 250, à deux dessus ça fait 125 par tête (et oui j'ai toujours mes bases de maths), c'est pas cher, c'est parti.. Wow ! Le jetski, ça déboite ! Ca fonce, ça saute et ça éclabousse beaucoup ! C'est aussi physique et dangereux que c'est marrant, tip top. On s'éclate tellement qu'on dépasse un peu la demie heure convenue, après tout on est au Mexique, ici ils ne sont pas à la minute près.. Et ben les loueurs de jetskis, presque. On rentre au bout de trois bon quarts d'heure, le type essaie de nous extorquer 100 pesos de plus, on lui rétorque alors qu'il aurait dû nous faire signe, et après des négociations sans franc succès on lui file chacun 20 pesos en prétextant que c'est tout ce qu'on a, le type hausse les épaules et on s'en va, moulus.
Autre plage, la plus incroyable : elle s'étend à perte de vue des deux côtés, le sable le plus fin que j'ai jamais vu, pas de resto, pas de table, rien, 15 personnes à tout casser. Les motivés vont se baigner et pendant ce temps des mexicains nous expliquent que c'est vaguement dangereux, qu'il y a des courants très forts, et que quelqu'un s'est encore noyé la semaine dernière. Ceux que les autres nous confirment en revenant, livides de la peur qu'ils ont eu de tous y rester ! Conclusion à propos des plages désertes : elles ne le sont pas pour rien, mais les mexicains sont pas foutus de planter un panneau d'avertissement. Mais l'eau mise à part, il reste le sable, et on n'y est pas s'y mal. On y reste jusqu'au coucher du soleil, et on rentre dinner.
Ensuite commence ma meilleure soirée mexicaine, sur le plan musical en tout cas : Hard Rock Café. On approche, je distingue une fontaine avec une guitare lumineuse géante en face de l'entrée, deux "Les Paul" dorées soutiennent une petite rampe de chaque côté de la porte, laquelle est surplombée d'une demie Cadillac rose immatriculée "God is my copilot", et l'on entends distinctement "Sad but true" de Metallica depuis dehors, bonheur intense.
A l'intérieur c'est un vrai musée, il y a plein de photos dédicacées et surtout une bonne cinquantaine de grattes, dédicacées elles aussi par les "grands" du rock des années 60-80. Côté son : Old School mais efficace, Pink floyd, Kiss, Guns and roses, etc. Un peu plus tard, un groupe entre en scène, bon niveau, bonne présence et un répertoire célébrissime, malheureusement ici pas de fosse surexictée aux pieds de la scène mais des familles atablées devant leur dinner qui balancent gentiment la tête au dessus de leur assiette. Mais bon, nous un peu plus loin on en profite bien quand même malgré l'effort nécessaire pour se tenir calme. Et grâce à un pote méxicain qui nous accompagne, le groupe nous dédicace une chanson : "Enter sandman" de Metallica, ils ne pouvaient pas mieux tomber, génial ! C'est donc la tête pleine de gros riffs de guitare qu'on se rentre à l'hotel sur les 3h du mat' environ, satisfaits, ravis même.
Lundi.
Il était temps que ça finisse, ça devient presque la routine : p'tit déj' et plage jusqu'à 13h. Allez on se casse, la route nous attend, et le froid au tournant.. Au fur et à mesure que défilent les kms le thermomètre redescend. Cette fois-ci on prend l'autoroute histoire de gagner du temps, mais ça reste une autoroute mexicaine ! Travaux sur la moitié du trajet, occasionant bouchons et ralentissements divers, il faudra plus que les 4h prévues pour rentrer.. Heureusement il y a des marchés même sur les aires d'autoroutes et on y trouve tout ce qu'il faut pour survivre jusqu'à la prochaine.
Au bout de 7 petites heures de trajet, on a déjà quitté l'autoroute et l'on est plus très loin de Toluca quand on se décide à s'arreter dinner dans un bled misnuscule, qui doit compter presque autant de restos que d'habitants. Notre préférence va pour celui qui à l'air fermé, on nous a dit qu'on y mangerait bien pour 30 pesos. Seul ombre au tableau, c'est fermé, éteint, vide ? On frappe, on appelle, et gagné : 5 minutes plus tard on est atablé devant une assiette de poulet, avec du riz, des flageolets et des tortillas à volonté, que viva México !
Encore une bonne heure de route et nous voilà à de retour à la réalité : Toluca, 8°.
