Les rues de Toluca
Tous les matins, je fais le même trajet pour aller à l’école.. En passant la porte je déboule dans les rues de Toluca, c’est parti pour 20 minutes de dépaysement intense. Les rues des villes mexicaines sont un peu comme les rues des campagnes les plus perdues en France. Les routes sont sales mais larges et dégagées, ponctuées de “topes” (dos d’ânes enormes pour empêcher les gens de rouler trop vite, ce qui je pense assure que personne ne se tue bêtement à une intersection ; et oui, pas de priorité au Mexique) tous les 100m. Si le goudron bas de gamme sert de champs d’action pour les bus, les voitures et les taxis, les trottoirs, faits de bric et de broc, sont le terrain de jeu des enfants, et le parloir des grand-mères, la limite des territoires des chiens, la moitié de la plupart des magasins et tout simplement l’endroit idéal pour faire n’importe quoi. Le sol fluctue entre béton, herbe, boue et trous! Le trottoir est perforé de nombreux trous béants, à croire que les gens se servent là quand ils ont besoins de cailloux. Le trottoir est vraiment très utile, il sert aussi bien sûr de poubelle, mais également d’entrepôt : Tas de sable ou de pierre n’importe où, contribuent à en diminuer encore la surface praticable. Les gens s’en serve aussi pour faire brûler toutes sortes d’assortiments de crasses divers. Enfin, les poteaux électriques décadents sont soutenus par d’autres poteaux encore plus penchés de l’autre côté de la route, rudimentairement enfoncés dans un trou du trottoir comblé avec des pierres.
Durant mon trajet sur ces fameux trottoirs, la ville s’offre sous mes yeux.. Les maisons sont bricolées de pierres, tôle et toile ; les jardins sont cahotiques : encore des trous énormes, des détritus toujours, des feux aussi, de la terre battue s’il reste de la place, un cadavre de voiture, du bordel, des fils à linge, quelques cactus et des animaux n’importe où. Beaucoup de chiens. Qui grognent et aboient sur mon passage et parfois même me poursuivent un bon moment. Mais bon, ils ne m’ont pas encore mangé tout cru
Tous les soirs je fais encore ce même trajet, plus ou moins tard, souvent de nuit. Et cette fois plus d’enfants ni de grand-mère, très peu de monde en fait. L’animation est passée à l’intérieur, les lumières des maison m’aide à distinguer où je met les pieds (les réverbères mexicains existent mais ne fonctionnent à peu près pas, au mieux il en a un d’allumé tous les 300m), j’entends de la musique et des rires dans chaque maison et vient s’ajouter aux odeurs des feux et des immondices celle de la cuisine : huile, maïs, piment et citron.

cool les fotos !!
tu fears un spécial “bouffe mexicaine” ?? tu sais que ca m’intéresse!! prends des notes, je serai impitoyable!!