Arrivée au Mexique
Bon, avant tout, je rassure un peu : j’y suis, tout va bien, je suis sain et sauf, avec mes valises, dans ma chambre mexicaine.
Mais tout n’a pas été si facile.. Tout commence à l’aéroport de Madrid où je suis arrivé bien trop tôt parce que je m’était gourré d’une heure. Evidemment j’avais déjà prévu large parce que c’est pas facile d’accès : Je devais prendre un bus jusqu’au métro, le métro jusqu’à l’aéroport, un bus à l’aéroport parce que le métro ne va pas jusqu’à leur dernier terminal tout neuf et enfin on arrive (Kléa est avec moi, ouf). Une fois que je me suis aperçu que j’avais de l’avance, il faut attendre, et là temps mort : je réalise enfin que je suis tout seul au monde et que je ne sais pas du tout où je vais ! Heureusement, Kléa est toujours là, et m’aide à “matar el rato” (passer le temps). Enfin c’est l’heure de l’enregistrement des bagages et on se dirige vers les guichets d’Ibéria indiqué pour le vol.. Fermés. Finalement après avoir fait tout le tour on fini par en trouver 2 d’ouverts alors qu’ils y aurait dû y en avoir 30. Mais bon ça passe, c’est le principal. Mais alors on m’indique que je dois me dépecher parce qu’il faut ensuite prendre un train pour arriver jusqu’à la porte qui est encore je ne sais où super loin ! Quelle merde ! J’abandonne Kléa et passe les contrôles, et traverse ensuite un dédale de couloirs, d’escaliers et d’ascenseurs jusqu’à un quai où je monte dans un train qui démarre aussitôt. Une fois descendu du train, nouveau labirynthe et j’arrive enfin à la porte d’embarquement.
Première constatation de la “fracture sociale” méxicaine : 2 couloirs jusqu’à l’avion, un pour la classe affaire un autre pour l’économique ; pourquoi pas mais pourquoi l’interdire à la classe éco quand la dizaine de personne en 1ère est déjà passée alors que 100 personnes attendent à l’autre ? Mais passons, je me retrouve entre un couple danois et une scientifique anglaise pour un voyage long et plutôt pas cool.. Petit déj’ à 6h heure locale : jambon, fromage et jus d’orange, ça fait toujours plaisir. Ensuite on rempli des papiers pour la douane et le passeport. Et on aterri à 7h, tout le monde aplaudi comme si c’était un miracle, et nous roulons au pas jusqu’à la porte de débarquement sur fond de musique mélancolique digne de l’enterrement du héro dans un film américain. Ultime étape avant de fouler le sol méxicain, on monte dans un drôle de bus sur échasses qui fait les dernières dizaines de mètres qui nous séparent encore de l’aéroport.
Ca y est, je suis au Mexique !
Maintenant il faut passer les contrôles divers, tout d’abord le passeport, le visa et deux formulaires m’ouvrent la première barrière ; et ensuite la douane exigera que je lui abandonne une banane avec qui je m’étais lié d’amitié en espagne avant de me laisser accéder à la zone libre. Encore une fois, suite de zigzag dans l’aéroport jusqu’aux bus, j’achète mon billet, je trouve le terminal, je charge mes valises et monte : C’est parti pour le premier regard sur le monde inconnu !
Et là, fatal. C’est vraiment pas un mythe, le Mexique est un pays pauvre ; il nous faut un peu plus d’une heure pour sortir de México, pendant laquelle défile sous mes yeux des gens qui paraissent des clochards ou des millardaires (beaucoup moins nombreux ceux-là) qui peuplent des rues bornées de batiments aussi vétustes que colorés, à tel point qu’in ne distingue pas les poubelles des magasins, ni le blanc plus que les autres couleurs. Et pendant que dans le bus je subis un film de merde en anglais sous-titré espagnol sur une famille décousue, je lis sur les murs les graffitis “VIVA LA FAMILIA ! NO GAYS” et je constate les stickers (ou même les peintures persos) avec Jésus ou la vierges sur un tas de voitures (on ne peux compter pas les coccinelles ni les voitures qui roulent sans plaques). Il y a des flics ou des militaires à tous les coins de rues et au bout d’une demie heure le bus se fait arreter et controler suite à quoi le conducteur disparait quelques rues plus loin sans prévenir pour un petit quart d’heure.
Enfin on quitte México, place alors à la montagne, aux petits hameaux aux maisons colorées et aux magasins d’artisanats. Mieux ! Puis on se rapproche de Toluca et là rebelotte mais en un peu mieux quand même.
Arrivé en ville je récupère mes valises et prends un taxi pour rejoindre ma “maison”. Arrivé dans ladite rue, on s’aperçoit vite (mais ça n’a pas l’air de surprendre le chauffeur) que les numéros ne se suivent pas du tout : Ils commencent à 700 et quelques, à 300 on passe à 200 d’un coup, et un peu plus loin ça remonte.. Pas de 118. On pousse comme ça jusqu’au 6000 et des poussières, on fait quelques tours, on demande à plein de gens sans jamais trouver. Je commence à vraiment être très impressionné par la patience du chauffeur, qui prend ça plutôt bien. Je finis par lui dire de me conduire au Tec (mon école) et que je me débrouillerai là-bas. Arrivé au bout de la fameuse rue, la suivante commence à 90 et des bananes mais ça passe du 116 au 120. Le chauffeur se dit quand même que l’adresse est peu être un peu confuse (incroyable non ?) et que ça pourrait être là ; on demande alors à une ultime bonne âme de nous renseigner qui ni comprend rien de plus que tous ces prédécéseurs, mais qui elle aussi loue des chambres à des étudiants et qui propose de garder mes valises pour que j’aille au Tec les mains libres. Confiant en la suposée hospitalité méxicaine j’accepte en la remerciant, change de taxi et file à l’école.
Une fois là-bas c’est le beau côté de la médaille : le campus est superbe, énorme, chouette. Il y a des jardins intérieurs et tout et tout, c’est vraiment canon ! Après quelques recherches je trouve les autres : Plein de français ! Que des français ? Presque, seul intrus : une Américaine. Sinon, un type en maîtrise, et toute une bande d’une école de commerce de Toulouse. On nous rabat les oreilles sur la drogue et ce genre de truc, affreux.. Il y a des contrôles aléatoires réguliers, pas de blague. Pas le droit d’être bourré, pas le droit de pas venir, c’est du sérieux. Pire, il faut encore faire des démarches administratives avec plein de détails chiants ! Mais finalement on nous libère..
Je fais connaissance avec mes collègues étrangers et découvre avec soulagement que l’américaine loge aussi chez moi et connait le chemin : Je vais pouvoir m’installer.
Sur le retour, je récupère mes valises, et on arrive à la maison ; en fait c’était à 100m de là : il y a donc au moins deux “Venustiano Carranza” dans le coin, pratique.
La famille est charmante, 3 générations vivent ici, dans une maison (également magasin de plantes) qui ne paie pas de mine à première vue mais qui se révèle finalement grande et agréable. J’ai une chambre plus grande que celle d’Orval, avec suffisement de rangements pour vider mes valises. Vue sur la rue, en face ce sont les alcooliques anonymes locaux, charmant.
Soirée tranquile, on devait aller au resto mais c’est repoussé au lendemain, on configure le WIFI que je ne capte malheureusement pas depuis ma chambre mais qui marche et c’est déjà bien.